Soins réguliers

 

La taille des ailes des oiseaux de compagnie est un vaste débat.

A nos yeux, c’est surtout un gage de sécurité pour le perroquet. Il ne faut pas oublier que la grande majorité des oiseaux perdus et envolés n’ont jamais eu les ailes taillées… ou bien elles ont repoussé et le propriétaire du perroquet a « oublié » de rafraîchir la coupe.

Car même les perroquets qui n’ont jamais tenté de vraiment voler peuvent être un jour ou l’autre effrayés et s’envoler – le réflexe d’envol est un instinct de survie que l’on retrouve chez tous les oiseaux, même ceux qui ont été élevés à la main. Dans ce cas là, si les ailes de l’oiseau sont correctement taillées, il volettera jusqu’au sol sans se blesser. Si elles ne le sont pas, il s’enfuira tout simplement.

En outre un oiseau aux ailes intactes et que l’on laisse voler à l’intérieur de la maison risque de s’infliger de nombreuses blessures aux ailes, pattes et à la tête (crashs dans murs, les portes, ventilateurs, miroirs, fenêtres etc.). Sans parler des dégâts qu’il peut ainsi plus facilement occasionner.

Enfin souvenez-vous que même avec les ailes taillées, un perroquet apprend très vite à faire et obtenir ce qu’il veut à l’aide ses pattes et de son bec : dans ce domaine nos oiseaux regorgent d’ingéniosité !

Il existe plusieurs « styles » de coupe des ailes, mais nous n’en cautionnons et recommandons qu’un seul : une coupe symétrique des 2 ailes :

Les 8 premières grandes plumes de vol (rémiges primaires) de chaque aile sont taillées jusqu’au niveau des plumes de couverture primaires. Si l’on procède ainsi la taille est sûre et l’on ne risque pas de sectionner une « plume de sang » (= une plume qui n’est pas encore totalement développée). Pour une raison d'esthétique vous pouvez laisser les dernières grandes rémiges. 

 

Les rémiges primaires permettent la propulsion lors du vol. Lorsqu’elles sont correctement taillées, l’oiseau ne peut effectuer de vol ascendant. Et en cas de réflexe d’envol, s’il est effrayé, il pourra tout de même voler jusqu’au sol sans se blesser.

A noter que tous les perroquets n’ont pas la même morphologie : certains sont plus aérodynamiques, comme les aras ou les calopsittes, et il sera alors peut-être nécessaire de couper les 10 premières rémiges primaires. Chez d’autres perroquets plus massifs tels que les gris du Gabon ou amazones, une taille des 6 premières plumes de vol suffira.

Dans tous les cas, commencez par tailler 6-7 plumes puis lancez doucement votre oiseau au-dessus d’un lit ou d’un canapé, pour voir s’il arrive à voler. Si jamais il parvient tout de même à voler et prendre de l’altitude, coupez une ou deux plumes supplémentaires, jusqu’à ce qu’il ne fasse que planer pour regagner le sol. La taille terminée posez le au sol afin qu’il constate de lui-même qu’il lui est désormais impossible de prendre son envol… en général c’est très rapide et les oiseaux le comprennent bien.

 

 

Les autres coupes parfois évoquées telles que la taille d’une seule aile, la taille des deux ailes mais en laissant les 2 premières rémiges primaires pour donner un aspect plus « naturel » de l’oiseau au repos, ou encore la taille d’une rémige sur deux ne sont pas sûres et même parfois dangereuses pour l’oiseau. La taille d’une seule aile déséquilibrera l’oiseau qui s’écrasera au sol, parfois au prix d’un bréchet écorché, qui sera difficile à guérir. Enfin chez les oiseaux légers et aérodynamiques, les autres coupes ne seront pas efficaces et n’empêcheront pas la prise d’altitude et une éventuelle fuite.

Petit conseil pour effectuer la taille des ailes : faites vous aider d’une personne qui a l’habitude de manipuler des oiseaux. Si vous n’en connaissez pas et ne vous sentez pas vous même prêt à le faire, consultez votre vétérinaire qui saura vous aider.

Lors de la coupe, il faut prendre bien soin de ne pas orienter les ciseaux vers le corps de l’animal…. Si votre oiseau se débat vous risquez en effet de le blesser gravement.

Si par accident il vous arrivait de sectionner une « plume de sang » lors de la coupe, pas de panique ! Le saignement est certes parfois impressionnant mais vous le stopperez efficacement en appliquant un bâton hémostatique (celui que les hommes utilisent quand ils se coupent lors du rasage).

 

Le bec d’un oiseau en bonne santé ne devrait nécessiter aucun soin particulier. En effet en s’alimentant, en jouant, en grimpant et en faisant grincer son bec, le perroquet l’use de façon naturelle et suffisante.

Il arrive cependant que les propriétaires s’inquiètent de l’aspect du bec de leur perroquet. Voici quelques points rapides :

Les propriétaires d’oiseaux de compagnie se plaignent souvent d’être égratignés par les griffes acérées de leurs perroquets… Inutile de souffrir pour rien, il est possible d’y remédier.

Des griffes trop longues peuvent en outre être dangereuses pour le perroquet, car elles risquent de s’accrocher à un jouet, la cage, un tissu, une corde etc…. Dans ses efforts pour se dégager, le perroquet pris de panique peut se casser un orteil ou s’arracher la griffe, avec à la clé une hémorragie. D’autre part des griffes trop longues se recourbent et gênent le perroquet dans ses déplacements.

Vous pouvez tailler les ongles de votre perroquet avec un coupe-ongles pour humain si c’est une espèce de petite taille (calopsitte, youyou du Sénégal). Pour les perroquets de plus grande taille tels que les grands aras ou cacatoès, préférez une pince – souvent vendue pour tailler les griffes des petits chiens.

Il vous faut savoir que la griffe d’un oiseau abrite un petit vaisseau sanguin. En cas de taille trop courte, la griffe saignera et l’oiseau en souffrira. Soyez donc très prudent. Le mieux est d’être assisté d’une personne ayant l’habitude de tenir l’oiseau. Le perroquet sera maintenu dans une serviette et sa patte fermement tenue. Procédez toujours petit à petit. Il est inutile de couper beaucoup, il suffit d’épointer la griffe en coupant en oblique.

En cas de saignement, l’hémorragie sera arrêtée avec un bâton ou une poudre hémostatique.

Si vous avez la moindre hésitation ou appréhension concernant la taille de vos griffes, adressez–vous à votre vétérinaire qui saura tailler les griffes de votre compagnon avec compétence.

Il existe d’autres méthodes pour que les griffes de nos oiseaux ne soient pas de vraies aiguilles.

Tout d’abord, l’achat d’un perchoir manucure (en ciment ou autre matière) permettra de limer les griffes de votre oiseau. Il en existe maintenant de toutes tailles et toutes formes. Utilisez un diamètre largement supérieur à celui des autres perchoirs, et placez le perchoir manucure au plus haut point de la cage. Ainsi votre perroquet y dormira, et vous êtes sûr qu’il s’y limera les griffes.

Souvent, une taille manuelle des griffes une première fois (quand le perroquet est encore jeune) suivie d’une utilisation permanente du perchoir manucure suffit.

Il est également possible d’habituer votre oiseau très jeune à la lime à ongles, et de lui faire comprendre que le limage de ses griffes est un jeu. Beaucoup de très jeunes perroquets aiment jouer sur le dos. Profitez en pour lui limer doucement les griffes en manifestant votre contentement.

Si votre perroquet tolère bien les manipulations mais ne se couche pas sur le dos, vous pouvez aussi lui limer les griffes une par une lorsqu’il se tient sur sa cage ou son perchoir.

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Yann DURAND