Rapport du Directeur des services vétérinaires de ****** sur une demande de certificat de capacité pour l’élevage d’animaux vivants d’espèces non domestiques de la faune locale ou étrangères.

M.X François : Elevage de Psittacidés

 

M.X François sollicite un certificat de capacité pour l’élevage d’animaux vivants d’espèces non domestiques dans le cadre de la création d’un élevage de psittacidés sur la commune de *****.

Après examen de son dossier et entretien avec l’intéressé, je vous fais part de mes remarques et de mon avis sur l’éventuelle attribution du certificat de capacité au demandeur.

1/ Connaissances du demandeur

-M.X François pratique l’élevage d’oiseaux depuis l’enfance. C’est vers l’âge de 20 ans qu’il s’est spécialisé dans celui des psittacidés, après s’être inscrit au club des exotiques en 1994 (CDE). Sa formation principale est de type agricole, avec un brevet de technicien agricole. Actuellement il gère une exploitation agricole familiale. D’autres animaux de la ferme sont hébergés dans cet établissement.

-M.X François s’est formé lui même de façon livresque en premier lieu. En liaison ensuite avec les revues spécialisées comme celle du CDE, il s’est auto formé par le biais d’un stage de 4 mois en Australie sur les sites mêmes de vie des psittacidés nature.

-En pratique, M.X François est un perfectionniste. Il prend un soin particulier dans le choix des matériaux de construction ou d’entretien des structures de l’élevage. La minutie est identique pour les gros et petits matériels et instruments qui sont, en outre, adaptés à chaque espèce.

Un soin encore plus précis est apporté à l’alimentation des animaux. Chaque spécimen reçoit un régime alimentaire adapté chaque jour à ses besoins et à sa forme physique.

Ils sont entretenus de façon correcte.

-Il est cependant à noter, à la suite des visites effectuées, que cet établissement qui fonctionne actuellement de façon privée avec 19 couples de perroquets, loris et loriquets en âge de reproduire semble rencontrer des difficultés en matière de reproduction. Ceci indique que des éléments, que l’expérience pratique déterminera, sont encore à trouver pour assurer des conditions optimales de détention des animaux.

-Il est à remarquer par exemple que, malgré la situation de l’établissement situé en pleine nature, les volières actuellement installées ne permettent pas aux animaux de bénéficier de l’éclairage naturel direct, facteur capable d’influencer sur la reproduction.

-L’intéressé connaît parfaitement la réglementation s’appliquant à l’élevage, a détention et le commerce des animaux vivants, et tout particulièrement la Convention de WASHINGTON. J’ai pu vérifier qu’a ce jour, tous les spécimens présents dans les volières sont effectivement entrés sur le territoire national de façon régulière.

-Outre une bibliothéque très fournie, M.X François se documente en permanence par l’intermédiaire d’abonnements à diverses revues techniques nationales et internationales.

-M.X François, a des connaissances générale en biologie des oiseaux tout à fait acceptables. Ce qui doit lui permettre de les entretenir dans d’assez bonnes conditions. Il doit néanmoins peaufiner ses connaissances en les adaptant encore au mieux aux besoins biologiques de ses animaux.

2. Exercice réel de la fonction de responsable chargé de l’entretien des animaux :

-En tant que créateur et exploitant de l’élevage, M.X François a un pouvoir de décision total au regard de toute activité ou probléme qui y seront liés.

-L’élevage de M.X François est situé sur sa propriété, dans des locaux de sa résidence, aménagés spécialement à cet effet. Il est présent en permanence sur le site et dit ne pas pouvoir prendre de vacance actuellement.

Habitant sur place, son pouvoir de décision et le temps de présence dans l’établissement ne pourront être que largement suffisants.

3. L’établissement :

-L’établissement est situé en périphérie du petit village de *****. Actuellement, son implantation ne nuit absolument pas au voisinage, dans la mesure où il n’y a pas d’habitation à moins de 500 mètres de l’élevage.

Disposition techniques :

-Sur une superficie tout à fait correcte, on peut noter

-4 zones aménagées en volières abritées, toutes juxtaposées à l’habitation.

-1 local sanitaire

-Toutes les volières sont dotées de sas d’entrée afin de limiter parfaitement les risques de variation thermique en salle d’élevage ainsi que les éventuelles fuites d’animaux d’espèces exotiques dans le milieu naturel. Toutefois il serait souhaitable que les structures puissent permettre aux animaux de bénéficier de parcours ou extension de des volières à l’extérieurs des bâtiments actuels.

Après examen du plan complétée par les diverses visites et observation sur le site, la partie technique semble assez bien conçue pour répondre aux exigences biologiques des animaux, mais devra certainement dans le futur faire l’objet d’extensions complémentaire.

Disposition financière :

Nous ne pouvons émettre d’avis dans ce domaine.

Dispositions relatives aux animaux

-Les locaux et volières ont des dimensions suffisantes au regard des espèces et effectifs actuels. Toutes dispositions ont été prises par M.X François pour la réalisation d’un biotope approprié aux animaux détenus (hydrologie, hygrométrie, ensoleillement, etc.)

Les animaux devraient donc trouver un biotope permettant à chaque espèce de pouvoir être détenu dans de bonne conditions.

Garanties vis à vis de la santé et de la sécurité du personnel :

-M.X François paraît bien au courant des risques de transmission des maladies communes aux psittacidés et à l’homme.

-Le nettoyage et la désinfection sont de rigueur dans tous les locaux ayant un rapport avec l’élevage. Les produits utilisés ont l’agrément du Ministère de l’agriculture.

Un soin tout particulier est apportés aux rares animaux entrant ou transitant temporairement.

Une mise en quarantaine draconienne leur est appliquée.

-Pour éviter et rechercher d’éventuelles maladies qui pourraient être transmises à l’homme, des analyses sont effectuées par le laboratoire départemental vétérinaire et de santé ainsi que par deux cabinets de vétérinaires praticiens.

Le risque d’éventuelles zoonoses sera toutefois toujours difficile à maîtriser en totalité.

Disposition relatives à l’établissement proprement dit et à la protection de l’environnement :

-L’établissement situé en zone rurale, sera très peu nuisible pour l’environnement. Les spécimens présentés ont une infime chance de s’échapper dans le milieu naturel.

Garantie relatives à la protection des espèces non domestiques :

-Dans l’établissement, certains animaux font l’objet de restrictions réglementaires ou d’inscriptions à une annexe de la Convention de Washington. Comme cela a été précisé précédemment, ces animaux sont entrés sur le territoire de façon légale.

4/ les flux d’animaux

-Très peu d’animaux entrent dans l’établissement. En fait les nouveaux pensionnaires ne pénètrent dans le respect des règles sanitaires que dans le cadre de la reproduction par échange entre éleveurs afin d’éviter la consanguinité.

-M.X François débute à peine la reproduction de ces espèces. Il lui reste à maîtriser, lorsqu’elle sera conséquente, la commercialisation des jeunes, notamment par le choix des acheteurs destinataires.

-M.X François peut être qualifié de bon amateur de par son sérieux et de ses compétences. Conscient de l’importance de son rôle au sein de l’établissement et non moins important auprés des éventuels clients, il dispose de toutes les qualités et de l’ambition requises pour devenir un véritable professionnel.

6/ Conclusion :

-M.X François, compte tenu de ses connaissances théoriques et de son sérieux dans la gestion de son établissement, pourra bien s’intégrer dans un marché Français de qualité, toujours demandeur de ces animaux issus d’élevage.

J’émets donc un avis favorable pour l’attribution à M.X François du certificat de capacité à titre probatoire pour une durée comprise entre 2 à 4 ans (à délibérer en commission) pour l’élevage de psittacidés dans la limite des espèces qui sont mentionnées dans sa demande, mais à l’exclusion des espèces visées à l’annexe A du règlement CEE traduisant la Convention de Washington ainsi que celle visée par l’arrêté du 15 mai 1986, relatif aux mesures de protection des oiseaux représentés dans le département de la guyane. Cette restriction proposée aujourd’hui se justifie par le fait que ces animaux sont dit à statut protégé stricte. Une extension à ces espèces pourrait être envisagées lors d’une autre commission d’attribution de certificats de capacité, après vérification in situ que l’établissement fonctionne correctement tant sur le plan de l’entretien des animaux et de leur maintien dans des conditions compatibles à leur biologie en matière de reproduction

 

                                                                                                                           A ******* le 25 juillet ****