Vermifugation
Je vais essayer au travers de ces quelques lignes de vous apporter une réponse claire à la question que vous vous êtes déjà très certainement posée
« Dois-je vermifuger mon perroquet ? »
-Vers parasites le plus couramment rencontrés dans les élevages de Psittacidés :
Ascaris : Gros vers d’environ 3 cm de long pour un diamètre de 1,5 mm. Principalement présent dans l’intestin grêle.

Les ascaris privent essentiellement leur hôte d’éléments essentiels à son alimentation tels que les vitamines, oligo-éléments et certains acides aminés.
-Symptômes : Amaigrissement et diarrhée causés par des déchets métaboliques toxiques, pouvant conduire à la mort.
Capillaires : Petits vers fins, très difficile à voir et donc à identifier à l’œil nu. Plus rares que les ascaris mais conduisant inévitablement à la mort par prolifération.

-Symptômes : Amaigrissement extrême ; les capillaires peuvent également être à l’origine d’une surinfection bactérienne.
Ténia: Il en existe de nombreuses espèces, certains n'atteignent que 3 mm de long alors que d'autres peuvent mesurer jusqu'a 10 cm ! facilement reconnaissables par leurs successions d'anneaux (voir photo)
Ils se fixent par la tête à la paroi intestinale de l'oiseau (tête munie de crochets et ventouses)

-Symptômes : Leur présence s'ajoute à celle des vers déjà existants (ascaris, capillaires) et aggrave les troubles déjà causés par ces derniers.
-Quel oiseau sera le plus touché ? :
J’ai remarqué au cours des années, à la lecture de différents articles ou post traitant de ce sujet sur des forums spécialisés, que beaucoup de personnes vermifugeaient sans réelle raison leurs oiseaux.
Les vers présentés ci-dessus ne seront fréquents que dans des élevages de perruches, grandes perruches, cacatoès, perroquets, logés en volière extérieure avec sol en terre.
L’humidité favorisera la survie des œufs de vers et augmentera les risque du parasitisme. Il faudra ensuite impérativement que ces œufs soient absorbés par un hôte intermédiaire, (ver de terre, limace, insecte) dans lequel ils donneront une larve qui sera ensuite ingérée par les oiseaux au gré de leurs escapades au sol.
"Il ne sera pas rare d’en trouver plus d’une dizaine par oiseau !"
Tout ce qui pourra diminuer la résistance de vos oiseaux, tel qu’une alimentation déséquilibrée, carence en vitamines ( Vit.A et B) favorisera le parasitisme.
Les jeunes oiseaux seront donc les premiers incommodés.
Au vu de ce que vous venez de lire, il vous semblera évident qu’une perruche isolée ou un perroquet seul dans une cage intérieure, n’a aucune raison d’attraper un jour des vers. Bien entendu, il faut qu’au préalable cet oiseau ait été vermifugé à son arrivée.
J'attire votre attention sur le fait que le ténia sera très certainement présent chez un oiseau issu d'importation et notamment le gris du Gabon, qui y est très sensible !
-Avec quels produits dois-je vermifuger mes oiseaux ?:
La molécule généralement employée dans le vermifuge et ayant un bon spectre d’action est la Pipérazine. Elle a l’avantage d’être sans toxicité, commode et économique. Vous pourrez l’employer en préventif ou en curatif.
Voici quelques vermifuges existant sur le marché :
Infestions par Ascaris : Soluverm / Sodiverm / Capizol / Panacur
Infestions par Capillaires : Sodiverm / Capizol / Panacur
Infestions par Ténia (Toujours en traitement individuel): DRONCIT injectable, 0,15 ml par kg en sous cutané une fois à renouveler un mois plus tard.(sous contrôle veto) / Téniverm en comprimés
Vous devrez impérativement respecter la posologie du fabricant.
De plus en plus d’éleveurs après avis de leur vétérinaire, utilisent de l’Ivomec (solution injectable destinée à la base aux bovins) à raison de deux gouttes pour un perroquet, et une goutte pour une perruche, déposées sous la membrane alaire. C’est un produit puissant à manipuler avec précaution !
On peut toutefois déplorer son prix de vente élevé.
Quel que soit le traitement employé, il conviendra après une vermifugation d'administrer un produit vitaminé, pour compenser la perte de vitamine D, et aider l'organisme de l'oiseau à réparer les muqueuses lésées par les vers.
-Méthode d’administration et fréquence:
Le psittacidé buvant peu de par ses origines, je vais vous donner ma méthode d’administration :
Administration du produit le matin dans une quantité d’eau réduite. La quantité du produit versée dans l’eau devra correspondre à celle qui serait mise dans une quantité d’eau consommée par l’oiseau en une journée.
Moyenne de Consommation d’eau en ml/oiseau/jour
-Perruche ondulées : 2,1 à 3,6
-Inséparables : 5,2 à 14,1
-Gris du Gabon : 19 à 35,9
-Amazones : 17,5 à 34,9
-Cacatoès : 9,4 à 19,6
Pour améliorer l’efficacité du produit je vous conseille de retirer la veille toute source d’eau, fruits, légumes, abreuvoir, afin de garantir une absorption optimale du vermifuge.
Il est important lorsqu’on vermifuge son animal pour la première fois de refaire un traitement 3 semaines plus tard, pour atteindre définitivement les parasites en migration lors du premier traitement. A noter qu’un vermifuge agit sur le moment mais n’a pas de rémanence.
La fréquence du traitement sera en fonction de l’étendue de l’infestation et l’étendue de votre élevage :
- tous les 6 mois voire tous les trimestres (au début du printemps avant la reproduction puis au début de l’automne après la mue dans le cas d’une administration semestrielle) pour un élevage important d’oiseaux australiens
- après l’achat d’un oiseau de compagnie logé en appartement et sans contact avec le sol.
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Yann DURAND