Le caique …. Ce petit clown !!!

 

De gauche à droite : Adulte P.melanocephala / Juvénile P. l.leucogaster / Adulte P.l.xanthomeria

 

Pour être un petit perroquet, le Caique (Pionites)  en est un, bien sympathique !

Il est coloré, très joueur, et a un caractère bien trempé. Comme un grand il peut avoir ses  têtes mais apprécier autant son maître que sa maîtresse. Il est gai, aime faire ce que bon lui semble sans trop accepter d’être contredit. En animal de compagnie ce n’est pas un oiseau bruyant. Sa longévité est de 30 à 40 ans selon les observations et les auteurs.

Il ne lui manque qu’une chose : ….. La parole. Ce n’est pas un parleur comme d’autres espèces. Quelques rares éleveurs ont eu la chance d’avoir un spécimen qui disait quelques mots ou sifflait, chantonnait, mais les exemples sont encore très rares à notre connaissance.

Les Pionites sont originaires d’Amérique du Sud. Très souvent ils vivent en bordure de rivières ou points d’eau, en général en colonie et de préférence dans les arbres hauts. Certains observateurs pensent que les espèces peuvent être réparties selon les côtés des fleuves car cet oiseau n’aimerait pas les traverser. Une petite expérience récente nous a un peu confirmé cette hypothèse. Un youyou s’étant échappé avait traversé une rivière, dernièrement 2 caiques ayant eut la même idée, ont fait un demi tour rapide à une vingtaine de mètres de la rive sans vouloir se lancer plus loin, ce qui a facilité heureusement leur récupération.

Il y a cinq espèces de Pionites mais les trois plus courantes sont :

- Le caique à tête noire ou Maïpourri (Pionites melanocephala melanocephala), très courant aux Etats-Unis, Canada, etc comme oiseau de compagnie. En France il est beaucoup moins fréquent puisqu’il est classé dans les espèces de l’Arrêté de Guyane. Il sera plus souvent élevé à l’avenir puisque depuis août 2004 le tête noire est plus facilement accessible (autorisé avec une APD). Auparavant il était nécessaire d’être capacitaire pour le détenir. Ce serait vraisemblablement  dans la nature le plus bruyant, surtout lorsqu’il se trouve en colonie.

- Le caique à tête pèche (ou tête orange cuisses jaunes) (Pionites leucogaster xanthomeria). C’est le plus « courant ».

- Le caique à cuisses vertes (ou tête orange cuisses vertes) (Pionites leucogaster leucogaster). Il est moins fréquent mais tout aussi intéressant.

Du point de vue de la nourriture le caique n’est pas exigeant. Un mélange classique pour petits perroquets ou grandes perruches avec un complément de paddy et cardi. Il est frugivore aussi tous les matins nous préparons un mélange constitué de fruits et légumes coupés en morceaux, à base de pomme, carotte, banane, orange, poire, melon, raisin ou autres fruits de saison, céleri branche, poivrons, courgettes, brocoli etc.. Egalement une mangeoire contenant en permanence du granulé. Un petit ramequin de maïs en boite. C’est un oiseau qui adore « tremper » dans son eau ses aliments, même s’il s’agit d’un morceau de pomme !! Mais si l’on veut qu’il soit en parfaite condition, aussi bien pour la conservation que pour la reproduction il faudra bien entendu en plus lui préparer des petits plats dont des mélanges de divers féculents comme des haricots de plusieurs variétés et lentilles Certains éleveurs complètent par une pâtée à Loris, mais bien qu’elle soit prisée par nos caiques ce n’est pas une nécessité, une fois de temps à autre. Une petite cacahuète à l’occasion ne leur fera pas de mal et sera une friandise.

Nos caiques sont friands d’os !! Le P.melanocephala en particulier. Un dans le genre os d’épaule d’agneau, de gigot, côte de bœuf… de temps en temps sera une sérieuse occupation. Des éleveurs donnent régulièrement des os de poulets cuits. D’après certains auteurs dans leur biotope ils peuvent nicher assez fréquemment à proximité immédiate de termitières de manière à avoir une nourriture vivante sous la main. Ici nous ne donnons pas de nourriture vivante. Des éleveurs leur procurent des vers de farine.

En ce qui concerne son logement il se contente d’une cage moyenne, surtout en animal de compagnie car il passera une grande partie de son temps en liberté (surveillée !) c’est tout du moins ce qu’il préfèrera. Des jouets, anneaux, sa petite boite pour dormir ou un nid mais pas trop grand. Le sujet que nous avons en compagnie depuis 4 ans, ne semble pour le moment pas du tout apte à accepter une compagne. Plusieurs présentations tentées se sont vite avérées mauvaises. Il préfère rester seul alors qu’un grand nombre d’auteurs préconisent de les garder en paire ! On reverra ce problème plus tard.

C’est certainement une très bonne chose que de les mettre en paire mais il sera nécessaire dans ce cas de le faire dès le sevrage, ils seront ainsi habitués et pourront jouer ensemble des heures entières.

En extérieur une volière de 2m de long, 1m de large et 2m de haut sera très bien acceptée. Dans la cage, comme dans la volière un point important sera celui du bain. Afin d’avoir en permanence une eau propre nous avons naturellement opté pour la solution des bain avec filtration en circuit fermé. C’est un oiseau qui parfois se baigne tous les jours, même en hiver et souvent entre 12 et 13 heures. Il est conseillé de les maintenir à 10/12°. Par contre certains éleveurs les maintiennent à des températures plus basses. Afin de ne pas prendre trop de risques nous préférons les maintenir hors gel ou légèrement au dessus de 3/5° à l’aide d’un chauffage électrique. Bien entendu les volières seront protégées et fermées, sans aucun courant d’air.

L’élevage de ce petit perroquet demande de la patience car ce n’est pas toujours un oiseau que les parents élèveront facilement. Un grand nombre de caiques ne peuvent être élevés qu’à la main. Comme ce sont des oiseaux nerveux, le moindre élément extérieur peut déclencher soit un abandon des petits, soit une destruction pure et simple. Nous avons retiré le jeune à un couple qui n’arrivait pas à bien s’en occuper, et la réaction des parents était telle que nous avions vraiment l’impression de les avoir débarrasser du fardeau…. En effet dès le retrait ils se sont mis à siffler, sautiller (comportement fréquent de contentement), jouer sur leur corde et se baigner pendant un bon bout de temps. Ensuite tout rentra dans l’ordre mais ils ne cherchèrent même pas dans le nid s’il y avait quelque chose et le soir ils reprirent l’habitude de dormir, toujours dans ce même nid après avoir remis de l’ordre dans les nouveaux copeaux.

Théoriquement à l’âge de trois ans le couple formé sera reproducteur. Certains commenceront à deux ans mais plus rarement. D’autres et cela s’est confirmé encore récemment ne reproduiront pas avant la sixième année, voire exceptionnellement davantage ! La ponte peut comporter jusque 5 œufs. Elle s’effectue d’avril à juin. La période d’incubation sera toujours un peu en rapport avec la température extérieure mais se situera aux environs de 26/28 jours. S’il n’y a pas d’éclosion toujours patienter un peu.

 

A la naissance le petit pèsera environ 6 grammes pour arriver à 150 grs aux alentours de 8 semaines en eam. Au sevrage (environ 3, voire 4 mois) lorsqu’il commence vraiment à toucher à tout une perte de poids sera normale. Si le petit a quelques difficultés il faudra intervenir avec un apport de pâtée à la seringue, parfois assez longuement. Il n’obtiendra sa livrée adulte (couleur tête, ventre, etc.…) qu’à l’âge d’un an. Adulte c’est un oiseau qui fera 22 à 24 centimètres pour un poids de 180 à 190 grs.

    

Voici donc un petit perroquet fort sympa. Il est particulièrement futé et se plait auprès de toute la famille.

Anne Marie et Guy Favé

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