Entretien et élevage de la Conure Dorée
(Guaruba guarouba)

Article rédigé en anglais par Nancy Speed, Benton, Mississippi et publié dans la revue de l’AFA (Fédération Américaine d’Aviculture), « The afa Watchbird » en 2003
En exclusivité pour Guarouba.com avec l'aimable autorisation de Nancy Speed
Vivre aux côtés de la Conure Dorée (Guaruba guarouba) est pour moi un véritable privilège. Lors de l’acquisition de mes premiers reproducteurs, ce perroquet était encore appelé « la Reine de Bavière » ou plus simplement « la Reine », une dénomination dont j’ai du mal à me défaire.
Ce n’est que grâce au pouvoir de persuasion d’une amie à moi que mon chemin a croisé il y a quelques années celui d’un groupe de ces perroquets stupéfiants. Je devais acheter à cette amie plusieurs couples reproducteurs d’autres espèces, et nous avions déjà finalisé les détails de la transaction, lorsque mon amie me glissa « Oh, mais il faut que tu prennes les Reines aussi ! », comme si elle y repensait soudainement. Je ne connaissais rien à cette espèce, et c’est en partie pourquoi je n’étais pas intéressée par l’achat d’une colonie de quinze oiseaux. Faisant fi de mon manque d’enthousiasme, mon amie se mit à me vanter les innombrables vertus et qualités de ces perroquets uniques, me persuadant que jamais je ne regretterai cet achat. Elle avait raison.
Description
Assurément la Conure Dorée sort du lot, et c’est l’un des plus beaux perroquets du monde. Elle mesure en moyenne 36 cm de long pour un poids de 250 grammes. Le plumage des adultes est d’un jaune à couper le souffle égalant celui du plus parfaitement coloré des citrons. Les plumes de couvertures primaires, secondaires et principales sont vert foncé. Les pennes sont blanches, et une zone de peau nue et blanche entoure des yeux vifs et curieux. Les mandibules du bec, de la taille de celles d’un ara, sont de couleur corne, avec des marbrures bleutées surtout concentrées sur la pointe du bec. La pointe de la mandibule supérieure est aussi acérée qu’une dague. Pattes et pieds sont rosâtres, avec des marbrures noires. L’iris est brunâtre avec une nuance orangée.
On reconnaît tout de suite une jeune Conure dorée aux nombreuses plumes de couleur vert olive apparaissant ça et là sur son plumage. En outre les pennes des juvéniles sont vert foncé elles aussi. Il faut attendre que l’oiseau ait deux ans révolus pour admirer son plumage adulte. La quantité de plumes vertes arborée par une jeune n’est qu’un pur hasard. Je trouve aussi que par rapport aux adultes, les jeunes ont un air captivant et innocent.
Localisation et statut
La Conure Dorée vit au fin fond du nord est du Brésil. Son habitat s’étend vers l’ouest jusqu’aux rives du Madeira Rio et à l’est jusqu’au Gurupi. Dans la nature, elle se déplace au-dessus de la canopée de la forêt amazonienne et son régime alimentaire est varié. Elle préfère nicher dans un creux situé sur arbre de grande taille. Malheureusement la déforestation réduit son habitat à une vitesse alarmante.

Hébergement
Mes couples reproducteurs de Conures Dorées sont logés dans des volières identiques construites avec du grillage galvanisé après soudure, avec du fil de 1.8mm et des mailles de 2.5 x 14cm. Chaque volière mesure 1.80m de long, 91cm de large et 1.20m de haut. Je dispose à l’arrière de chaque volière un perchoir en PVC, et à l’avant des tasseaux de sapin, de 5 x 5cm. Chaque couple dispose de 2 jouets suspendus constitués des déchets et bouts de tasseaux restants. Perchoirs en bois et jouets sont renouvelés régulièrement.
Environ 30cm séparent chaque volière. Des panneaux « d’intimité » protègent les abords du nichoir, et couvrent environ un tiers de chaque volière. Ces panneaux restent en place toute l’année, quelle que soit la période (reproduction ou non).
J’ai expérimenté divers types de nichoirs et mes oiseaux semblent préférer un nichoir en forme de botte inversée, que l’on appelle aussi « nichoir 7 ». Il mesure au moins 60cm de profondeur, avec un intérieur d’environ 25cm de côté. Les nichoirs sont accrochés sur la partie avant des volières, pour être plus facilement accessibles à partir du couloir central. Je remplis les nichoirs avec un mélange de très gros éclats de sapin et un paillis de copeaux d’écorce de pin. Il est possible d’utiliser des nichoirs en métal si la zone où ils sont situés est protégée des rayons du soleil. Tous les nichoirs seront fermement attachés aux volières.
Le bâtiment abritant les volières est construit de façon à rendre possible une exposition aux conditions climatiques naturelles, dans la mesure où la température le permet. Les derniers panneaux du toit (en métal) sont enlevés durant la période estivale, pour que les oiseaux aient accès au soleil et à la pluie. Lorsque les températures chutent en dessous de 7°C les panneaux de toit sont replacés et le bâtiment entièrement protégé avec du Plexiglas. Un chauffage de serre à gaz, avec une évacuation extérieure complète, fournit de la chaleur supplémentaire afin de maintenir la température intérieure au-dessus de 7°C. Un éclairage à spectre complet est contrôlé par programmateur automatique lorsque les panneaux de toit sont en place.
Habituellement, la préparation des volières aux températures hivernales entraîne chez les oiseaux un « mâchouillage » ou picage saisonnier des plumes. Un ou deux de mes adultes ont pris l’habitude de se piquer, quelque soit leur environnement. Cette tendance au picage se retrouve dans les mêmes proportions chez les oiseaux élevés par leurs parents et les oiseaux élevés à la main.
Les jeunes ainsi que les autres oiseaux non reproducteurs sont hébergés dans des volières de taille similaire et proches les unes des autres, sans panneaux d’intimité.
La Conure dorée possède un cri très puissant et métallique que l’on entend de très loin. Dans les volières, un joyeux groupe de 30 individus aimant s’exprimer fera vibrer vos tympans. A quelques semaines déjà, les jeunes commencent à vocaliser comme les adultes. Il semble que chez les oiseaux de cette espèce, la vocalisation soit un élément important de la structure sociale.
Alimentation
Je ne trouve pas que les Conures dorées soient des perroquets très difficiles en termes d’alimentation. J’offre aux adultes et aux jeunes des granulés extrudés de haute qualité (Tropican de Hagen), à volonté. Dans un bol séparé, ils ont à disposition 6 jours par semaine des graines germées, légumes, fruits et pignons de pin. Un mélange de graines de qualité est proposé le dimanche. A mes yeux, graines germées et pignons de pin sont parmi les ingrédients les plus importants du régime alimentaire des Conures dorées en captivité.
Reproduction en captivité
Si l’on répond à leurs besoins, les Conures dorées sont des parents prolifiques. Je possède actuellement plusieurs jeunes F3 (de troisième génération) issus de deux souches différentes. Mes couples F2 ont commencé à reproduire à l’âge de 5 ans. Un de mes oiseaux a reproduit à l’âge de 3 ans, mais je pense que c’est une exception.
La ponte est de 3 à 5 œufs. Le nombre de nichées par an varie, mais s’établit généralement entre 2 et 4 nichées par an. Concernant mes couples reproducteurs, mes notes me permettent de conclure que la saison de reproduction s’étale sur les 12 mois de l’année. C’est sûrement dû en partie à notre climat relativement doux.
Le nombre de nichées que peut faire un couple par an dépend de plusieurs facteurs. Les oiseaux à qui l’on ne permet pas de couver et de nourrir les petits retourneront souvent au nid peu de temps après. En revanche les oiseaux qui couvent puis nourrissent leurs petits laisseront passer plus de temps entre deux nichées. Enfin, les oiseaux qui sèvrent leurs jeunes peuvent ne pas revenir au nid avant une année, en particulier si les jeunes restent avec eux après le sevrage.
Les Conures dorées que l’on garde pour la reproduction sont plus heureuses en présence de leurs congénères. Posséder un seul couple formé de ces perroquets très grégaires n’est vraiment pas une garantie de reproduction réussie. En fait, je pense que le taux le plus élevé d’infertilité se retrouve chez les couples formés vivant seuls dans un foyer. Par nature, la Conure dorée est un perroquet très grégaire et sociable, avec un besoin intense d’interaction avec les membres de son espèce.

Bien sûr, tout commence avec des bébés tels que ceux là dans
le nichoir. Il
existe plusieurs options pour amener ces bébés jusqu'au sevrage
Il est préférable je pense de permettre aux Conures dorées de vivre en « groupes familiaux » si les volières sont assez spacieuses, du moins jusqu’à ce que les couples soient naturellement formés. Il est important que les oiseaux encore célibataires puissent interagir au sein de ces groupes. En général je place un mâle célibataire avec deux ou trois femelles certifiées. Les groupes sont si harmonieux qu’il faut parfois plusieurs années pour constater la formation d’un couple. Il y a alors un vrai couple, et les femelles restantes peuvent continuer de partager la volière, même pendant la couvaison des œufs. Il n’est pas rare que toutes mes femelles demeurent dans le nichoir lors de l’incubation. Cela peut rendre l’identification de la vraie femelle pondeuse difficile. On suppose que dans la nature, les célibataires en trop aident également à nourrir les jeunes. Cependant, j’ai toujours enlevé les adultes célibataires des volières des couples avant l’éclosion des jeunes. La femelle pondeuse est celle qui défend le nichoir et ses alentours le plus vigoureusement. Les femelles célibataires défendent aussi le nichoir, mais dans une moindre mesure.
Les disparités d’âge ne semblent pas poser un problème lors de la formation d’un groupe de Conures dorées. Il y a deux ans, j’avais lâché 2 mâles EAM dans une volière habitée par 2 femelles EPP. Les femelles avaient environ 6 ans et s’étaient attachées l’une à l’autre, mais elles n’ont montré aucune animosité envers les 2 mâles. Ce n’est que récemment que les femelles ont commencé à s’intéresser aux mâles en tant que partenaires.
Au cours de la même période, j’ai également adjoint un mâle EPP d’un an à une femelle de 13 ans qui n’a jamais pondu. La femelle s’est tout de suite amourachée du mâle et elle nichait l’année suivante. Bien sûr, un mâle d’un an ne peut pas être fertile. La femelle est récemment retournée au nid, mais je ne pense pas que les œufs – si œufs il y a – puissent être fécondés. En effet le jeune mâle ne montre aucun des comportements protecteurs habituellement adoptés par les mâles matures en période de reproduction.
Elevage par les parents

Deux parents pendus au plafond de la volière pour échapper aux
taquineries du satané poussin qu'ils ont élevé eux-mêmes.
Pendant plusieurs années, une rumeur a été véhiculée, selon laquelle les Conures dorées adultes étaient de biens piètres parents. Je me souviens de la première fois où j’ai décidé de laisser à un de mes couples reproducteurs l’opportunité de couver et nourrir une nichée. Lorsque j’ai parlé à un autre éleveur de cette expérience si excitante, il m’a rétorqué : « une guarouba qui nourrit ses petits ? ? Jamais ! ! ». Mais mon expérience personnelle m’a prouvé que les Conures dorées sont en général des parents attentifs. Je trouve malheureux que des personnes qui se disent aviculteurs ne laissent pas l’occasion à leurs oiseaux de mener une incubation naturelle lorsque c’est possible. Mâles et femelles se partagent les devoirs parentaux et défendent le nichoir et le point d’alimentation de plus belle. Lorsqu’ils sont excités ou agités, ils écartent leurs ailes et secouent leur tête en criant très fort. Il est vrai qu’ils tolèrent assez mal les inspections du nichoir, et il ne faut en aucun cas tenter d’inspecter le nid lorsque les parents sont dedans. Je pense que la plupart des incidents ou des échecs sont à imputer à une violation excessive de leur intimité, ou à d’autres facteurs environnementaux.
Je comprends tout à fait l’argument de certains, selon lequel il faut tout faire pour sauver chaque oisillon de Conure dorée. Toutefois il faut bien donner aux parents l’occasion d’apprendre à prendre soin de leurs jeunes, et cela ne peut se faire qu’avec l’expérience.
Deux couples de mes Conures dorées de 2e génération ont niché. Lors de la première nichée, le premier couple a amené 3 jeunes jusqu’au sevrage. Le deuxième couple lui a réussi à élever un jeune de sa première nichée jusqu’au sevrage. Tous ces oiseaux (les parents) avaient été nourris à la main puis relâchés avec d’autres jeunes au moment du sevrage.
Lorsque les jeunes sont au nid, je donne aux parents de grandes quantités de nourriture fraîche deux fois par jour. Comme les aras, les poussins de Conures dorées ont des mandibules inférieures énormes.
Les jeunes possèdent également sur leur mandibule supérieur une saillie de chair qui, lorsqu’elle est stimulée, déclenche une violente réponse de « quémande » de nourriture. Ces protubérances très sensibles disparaissent habituellement en l’espace de deux années.Une fois en plumes, les poussins ont également une odeur très étrange. Après avoir humé pour la première fois une nichée complète de guaroubas bien en plumes, je fronçai le nez et me tournai vers mon assistante. « Mais quelle est cette odeur ? » lui demandai-je. Après avoir inspecté toute la nursery, nous commençâmes à sentir tous les bébés, pour réaliser en fait que cette odeur puissante venait des bébés eux-mêmes. Avec les années, je me suis mise à aimer cette odeur âcre.
Les jeunes élevés par leurs parents quittent le nid vers 12 semaines, mais retournent fréquemment dans le nichoir, souvent accompagnés de leurs parents. Les familles utilisent également le nichoir pour se reposer et dormir. C’est pour cette raison que je remplace le nichoir souillé par un propre une fois que tous les poussins ont pris leur envol.
Les plumes de vol et de queue des jeunes EPP souffrent souvent d’un lissage parental excessif. Les jeunes sevrés, qu’ils soient EPP ou EAM, aiment également se mâchouiller les plumes de queue les uns des autres.

Tout est calme et tranquille pour ce jeune EPP qui se tient
sur
le perchoir avec ses parents
Elevage à la main
L
a majorité des Conures dorées qui grandissent chez moi sont élevées et sevrées par leurs parents, ou ont été au départ nourries par les parents, mais il arrive que je doive intervenir pour sauver des oisillons ne recevant pas les soins adéquats de leurs parents. Nourrir cette espèce dès le premier jour est très risqué pour une personne inexpérimentée, et si l’on ne connaît pas leurs besoins spécifiques il vaut mieux ne pas le tenter. S’il y a un problème, les jeunes nourris dès le premier jour par l’homme succombent très rapidement aux infections bactériennes et au syndrome de « rabougrissement ».Ma pâtée de nourrissage préférée pour les oisillons EAM dès le 1er jour est Zupreem Embrace Plus. Pour une dose de pâtée en poudre, j’ajoute ¼ de dose de chair de graines de tournesol issues de l’agriculture biologique. Les poussins en bonne santé dévorent littéralement et semblent toujours affamés. Il faut donc veiller à ne pas trop tendre le jabot.

Ces bébés ont été retirés du nid avant qu'ils ne prennent leur
envol, et
ils sont nourris par leur parent humain
En général, les bébés nourris à la main font d'excellents perroquets de
compagnie mais s'ils sont sociabilisés, ils peuvent aussi devenir de bons
reproducteurs.
Taux de croissance
présenté ci-après illustre le taux de croissance (incomplet) de quatre poussins EAM dès le premier jour. Le poids à l’éclosion variait de 6,8 grammes à 10,1 grammes. Les poussins 1, 2 et 3 ne sont pas sevrés à l’heure où j’écris cet article. Le poussin 4 est né plus tôt et je n’ai pas enregistré son poids après le jour 33.Les poussins EPP affichent dans les premiers temps un gain de poids initial largement supérieur à celui des poussins EAM dès la sortie de l’œuf. Ainsi, la courbe de poids des jeunes nourris au début par les parents ne peut être utilisée comme référence juste pour le poids des poussins EAM dès le premier jour.
Je me souviens très bien de l’angoisse que j’ai ressentie il y a plusieurs années quand j’ai comparé le poids des différentes espèces de poussins présentes dans ma nursery aux graphiques de poids préparés et publiés par les différentes marques et élevages professionnels. Le gain de poids de mes poussins semblait bien chiche par rapport aux courbes que j’avais sous les yeux. Maintenant je préfère observer l’apparence et le comportement de chaque poussin en particulier, en plus de sa courbe de poids. Les poussins en bonne santé sont roses, avec des pattes et des ailes dodues. Si un nouveau né gagne du poids chaque jour et ne montre aucun signe de rabougrissement, alors il est fort probable qu’il se développe comme il faut.
Dans la nursery
Les jeunes Conures dorées ont une personnalité extravertie et flexible. Leur attitude est toujours joyeuse et attachante. Bien que cette espèce puisse être malicieuse, c’est un perroquet chaleureux et qui accorde facilement sa confiance. Je suis toujours stupéfaite par leur attitude amicale envers les personnes ou qu’ils ne connaissent pas ou les autres perroquets.
Je n’ai pas encore trouvé d’espèce dans ma nursery avec laquelle les Conures dorées n’ont pas fait « ami ami ». En raison de leur tempérament doux, elles s’accordent particulièrement bien avec une espèce plus obstinée, comme le Caïque. Les jeunes guaroubas ont un désir intense de prendre soin des autres et tentent souvent dans ma nursery de nourrir les autres jeunes non sevrés quelle que soit leur espèce.
Groupes familiaux
J’ai récemment permis à certains de mes couples de Conures dorées de retourner au nid alors qu’un jeune d’une nichée précédente faisait encore partie du groupe. Ma première expérience mettait en présence un couple reproducteur et un jeune EPP. Ce jeune était né le 6 mars 2002, et avait quitté le nid à environ 12 semaines. Les parents sont ensuite retournés au nid, et en septembre 2002 quatre œufs fécondés étaient pondus. Comme je n’étais pas sûr du comportement du jeune vis-à-vis des nouveaux bébés, j’enlevai les 3 œufs restants après l’éclosion du premier poussin le 26 octobre 2002.
Les premières inspections du nichoir ont révélé que la petite famille se portait bien. Je m’obligeai donc à laisser passer quelques jours entre chaque inspection. Malheureusement, je découvris le bébé mort le 1er décembre 2002. Son jabot était plein et je ne trouvai aucun signe externe de traumatisme. Il avait déjà des tuyaux de plumes, et était bien nourri. Comme il était de toute évidence mort depuis quelques jours, j’ai pensé que les résultats de l’autopsie seraient faussés par les changements bactériens naturels. Le bébé a donc été tristement enterré dans notre cimetière des animaux.
Caméras dans les nichoirs
J’ai récemment installé une caméra infrarouge dans le nichoir du couple cité ci-dessus et leur jeune. A ce jour, j’ai enregistré plus de 300 heures d’activité.
C’est fascinant et divertissant d’observer les activités au jour le jour de ce petit groupe familial. Le couple adulte se coche dans l’intimité du nichoir. Le jeune non sexé, âgé d’un an, continue de réclamer de la nourriture à ses parents et le trio interagit dans le nichoir. Le jeune roule sur son dos avec une jubilation toute enfantine lorsque dans le nichoir il veut inspecter ses orteils et tente de jouer avec les adultes. Avec patience, la femelle tente de préparer les copeaux pour accueillir une nouvelle ponte, et quitte le nichoir quand les gesticulations du jeune s’intensifient. Au crépuscule, les trois perroquets se blottissent tendrement les uns contre les autres pour une nuit de sommeil.
Je présenterai les résultats de cet essai de groupe familial – incluant un montage vidéo – plus tard.
L
es Conures dorées en tant que perroquets de compagniePour certaines personnes, briller par leur exclusivité suffit à justifier l’achat d’un perroquet très rare. Savoir si l’espèce concernée a les qualités requises pour faire un bon animal de compagnie n’est qu’une question secondaire. Bien que la Conure dorée soit peu connue en tant que perroquet de compagnie, c’est une espèce merveilleuse si l’on prend soin de répondre de façon appropriée à ses besoins (soins et alimentation).
Il faudrait accorder le même niveau de soin aux Conures dorées détenues pour la compagnie qu’à celles destinées à la reproduction. Vu leurs besoins spécifiques, ce sont à mes yeux des perroquets difficiles à entretenir. Ce sont des perroquets grégaire et sociaux, qui doivent être traités comme un membre de la famille à part entière. Pleins d’allant et d’énergie, ils aiment voler, grimper et jouer avec des jouets de conception complexe. Ils aiment beaucoup arracher les boutons, les boucles d’oreilles et autres bijoux.
L’histoire que je préfère à propos des Conures dorées gardées pour la compagnie m’a été contée par Howard Gunther, de The Birdrain. Howard et Barbara aiment cuisiner et leur cuisine est de la taille de celle d’un restaurant. Goldie, une guarouba aux ailes non taillées, avait disparu tandis que Barbara se tenait dans la cuisine, préparant le dîner pour ses invités. Goldie ne se tenait pas sur ses perchoirs habituels. Howard et Barbara commencèrent à crier son nom, tout en cherchant frénétiquement dans la cuisine. Quand ils décidèrent de revenir dans la cuisine, un mouvement dans le saladier attira l’œil d’Howard. Quand il appela son nom, Goldie fit surface joyeusement au milieu d’une montagne de salade, totalement inconsciente de l’incident.
Responsabilité
Les particuliers désireux de posséder des perroquets rares doivent également endosser une responsabilité supplémentaire, celle du patrimoine génétique. Aux Etats Unis, le réservoir génétique de la plupart des perroquets menacés de disparition est très limité. Les aviculteurs responsables suivent le lignage de tout perroquet menacé acheté, vendu ou né et s’efforcent de maintenir un réservoir génétique diversifié. Les accouplements sans discernement d’oiseaux consanguins ne peuvent que nuire au patrimoine génétique déjà très réduit et ne font rien pour améliorer l’espèce. Ainsi, les personnes qui achètent des perroquets très rares doivent insister pour le vendeur leur fournisse toutes les informations disponibles concernant leurs lignées.
Conclusion
A mes yeux le principal défaut de l’élevage de ces oiseaux extraordinaires est la difficulté que j’ai à me séparer même d’un seul des petits nés chez moi. C’est pour cela que je conseille à toute personne envisageant la détention et l’élevage de la Conure dorée de prévoir au moins trois fois la place nécessaire pour abriter cette espèce magnifique.
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