Conures à Front Rouge

(Aratinga canicularis)

Petits mais costauds !

texte de Cheryl Burns, Colleyville, Texas, pour Guarouba.com

Les Conures à front rouge sont de petits oiseaux qui se comportent comme des grands. Ce sont des oiseaux de compagnie appréciés, qui peuvent parler et apprendre quelques tours. Ils sont en outre faciles à soigner en volière et pour l’élevage. Les oiseaux nourris à la main (EAM) ont une grande faculté d’adaptation et sont généralement sensibles à l’attention que peuvent leur prodiguer les humains qui les soignent.

Avec une taille de 24cm, les Conures à front rouge sont une des plus petites espèces d’Aratinga. Elles sont souvent confondues avec les Conures à front d’or (Aratinga aurea), qui ont un solide bec noir et une taille identique. Les Conures à front rouge sont également appelées « front orange » ou Conure de Petz. Leur nom scientifique est Aratinga canicularis.

Les Conures à front rouge sont originaires du sud ouest du Mexique, et l’on en trouve jusqu’au sud du Costa Rica. Il existe 3 variétés selon la localisation géographique. L’espèce nominale Aratinga c. canicularis se trouve dans la partie la plus au sud, la sous-espèce Aratinga c. eburnirostrum dans la partie centrale, et au nord c’est la sous-espèce Aratinga c. clarae que l’on observe.

Les deux sous-espèces de la Conure à front rouge sont plus répandues en aviculture que l’espèce nominale. L’espèce nominale se distingue surtout par son bec de couleur corne (les deux mandibules ont la même couleur). La bande orange du front est large et s’étend jusqu’au pourtour des yeux. Toutes les photographies de l’espèce nominale que j’ai pu voir jusqu’à présent (même celle présentée dans la version en ligne du Lexicon of Parrots) semblent être celles de jeunes Aratinga c. eburnirostrum. J’aimerais avoir la chance d’admirer un oiseau mature et vivant de l’espèce nominale, mais je n’en ai pas encore trouvé.

La description de l’Aratinga c. eburnirostrum est très similaire à celle de l’espèce nominale. Elle porte une large bande orange sur son front. Certains articles mentionnent une bande plus étroite que chez l’espèce nominale. La mandibule supérieure est de couleur corne, et la mandibule inférieure présente des zébrures gris foncé de chaque côté, le milieu du bec étant de couleur corne. Les jeunes oiseaux ont les deux mandibules de couleur corne. La zébrure grise commencera à apparaître sur la mandibule inférieure au bout de 12 semaines et sera complètement colorée quand les jeunes auront six mois. A mes yeux, c’est la sous-espèce la plus commune en aviculture.

L’Aratinga c. clarae présente la même couleur de bec que l’eburnirostrum. La différence la plus flagrante chez cette sous-espèce est que la bande orange du front est très fine, et se réduit parfois à un simple point au milieu du front. Depuis que j’élève des Conures à front rouge, j’ai eu beaucoup de discussions avec d’autres éleveurs sur la manière de distinguer les deux sous-espèces et j’ai découvert que la largeur de la bande est souvent subjective. Et pour compliquer les choses, les deux sous-espèces ont dû être hybridées, et les rejetons présentent les traits de leurs deux parents. J’entends souvent dire sur les marchés aux oiseaux que les sujets avec une bande fine sont des femelles et les bandes larges des mâles – c’est faux !

Toutes les Conures à front rouge ont tendance à afficher des comportements similaires, qui sont notés dans Parrots of the World, the Atlas of Conures et le Lexicon of Parrots. A l’état sauvage, les Conures à front rouge voyagent souvent en larges volées et elles seraient nomades en dehors des périodes de reproduction. Elles nichent dans les monticules habités par une espèce de termite arboricole (Nasutitermes nigriceps) et l’aire géographique des Conures à front rouge correspond exactement à celle des termites. Les oiseaux n’utilisent que des termitières vivantes, et en général un couple de Conures niche dans chaque termitière. Il faut environ une semaine au couple pour creuser son nichoir. Les oiseaux quittent ensuite le nid pour une semaine environ, le temps que les termites lissent la cavité. Le nichoir est ensuite prêt pour élever les jeunes.

Les Conures à front rouge sont encore importées clandestinement aux Etats Unis, en particulier aux frontières de la Californie et du Texas. Les braconniers décolorent la tête de ces petites Conures et tentent ensuite de les faire passer pour des bébés Amazones à double tête jaune. En général, les oiseaux clandestins saisis sont vendus aux enchères puisqu’on ne peut pas les relâcher dans la nature. Je connais un éleveur du Texas qui a acquis plusieurs Aratinga c. clarae lors d’une vente aux enchères d’oiseaux saisis.

C’est par hasard que j’ai acquis mes premières Conures à front rouge. Mon amie (qui me garde les oiseaux) travaille dans une clinique vétérinaire. Elle s’occupe fréquemment de replacer les compagnons devenus indésirables que lui apportent les gens. Une dame lui a demandé un jour de prendre son couple de Conures à front rouge et mon amie a accepté, car les oiseaux n’étaient pas correctement soignés. Une chose en amenant une autre, les oiseaux ont finalement atterri chez moi. D’après la dame qui s’en séparait, ces oiseaux avaient été ramenés clandestinement du Mexique par elle même, dans son sac à main, alors qu’ils n’étaient encore que des minuscules poussins. Elle les avait ensuite nourris à la main et élevés. Le bon sens me souffla que les oiseaux venaient sûrement de la même couvée, et j’achetais à un ami un jeune mâle et une jeune femelle.

Les deux Conures parlaient, mais la femelle était la plus douée. Elle disait « Je t’aime » et « Allons faire les courses » et pleins d’autres choses. La femelle s’était piquée sur toute la poitrine (le bréchet ?) tandis que le mâle était en parfaite condition. J’installais les oiseaux avec leurs nouveaux partenaires, mais je perdis hélas la jeune femelle achetée à mon ami, à cause du mâle. Un autre couple d’oiseaux était installé trop près, et le mâle n’a cessé d’agresser la femelle faute de pouvoir parvenir aux autres oiseaux. Comme la femelle se piquait, je pensais qu’elle s’était encore piquée et je n’ai compris ce qu’il se passait que lorsqu’il était trop tard. Encore une leçon dont je me souviendrai.

En captivité, les Conures à front rouge sont normalement faciles à soigner. J’ai lu que la reproduction en captivité était malaisée, mais ce n’est pas mon avis. Mon couple a élevé dans une cage relativement petite, située dans diverses pièces de la maison, et même une fois peu après avoir déménagé chez un ami pour quelque temps. Je connais également plusieurs personnes qui rencontrent le même succès dans diverses situations. Mon couple produit en général 2 à 3 nichées de 4 oisillons par an, ce qui rejoint les témoignages des autres éleveurs pour cette espèce. Récemment j’ai même ôté le nichoir, fatiguée d’avoir à élever les bébés !

Mes Conures à front rouge sont des très bons parents. Ils affectionnent un nichoir simple rectangulaire d’environ 20x25x20 cm. Tous deux s’occupent des bébés. Souvent, ma femelle attend que le deuxième œuf soit pondu pour commencer à couver. Il n’est donc pas rare que plusieurs poussins naissent le même jour grâce à cela. Elle est également prompte à quitter le nichoir si quelqu’un pénètre dans la volière. Il faut que je fasse très attention pour savoir qu’elle couve, car elle ne reste pas dans son nichoir, comme le font mes autres Conures lorsqu’elles ont des œufs. Je remarque en général qu’elle devient encore plus agressive, et je sais alors qu’il est temps d’aller inspecter le nichoir.

Je trouve que les Conures à front rouge nourries à la main peuvent être des oiseaux très agressifs, à plus forte raison lorsqu’ils élèvent des jeunes. Même lorsque la saison d’élevage est terminée, ma femelle est toujours la première à se ruer par la porte lors du nourrissage pour attaquer le moindre cm2 de peau humaine à sa portée. Par chance pour ma bird-sitter, ma petite femelle réserve ses attaques aux personnes qu’elle aime le plus, et en qui elle a confiance.

Les poussins se développent rapidement. Les yeux s’ouvrent au bout de 15 jours et les plumes semblent se développer plus vite que chez d’autres Conures de plus grande taille. Je laisse en général les jeunes au nid jusqu’à ce qu’ils aient 3-4 semaines. Lorsque je les enlève du nid à cet âge, ils me crient dessus comme des damnés les premiers jours à chaque fois que je les nourris ou les soigne. Passée la période d’adaptation, ils ne crient plus mais sont très bruyants au moment du nourrissage.

Elke Davis, membre de l’ICA, élève aussi des Conures à front rouge. Elle préfère retirer les poussins du nid vers deux semaines pour les nourrir à la main, car plus vieux ils sont plus difficiles.

 Cheryl Burns, Colleyville, Texas pour Guarouba.com