UN CIRCUIT FERMÉ POUR LES BAINS DE VOLIÈRE

Après une utilisation professionnelle durant de nombreuses années dans une autre passion que les oiseaux, j’avais il y a quelques années un tout petit bassin de jardin avec quelques poissons rouges (disparus à la suite d’une visite de rats dévastateurs !) De ce fait le bassin fut inclus dans l’installation d’une nouvelle volière. Le système de filtration fut conservé, je n’avais qu’à changer le bassin par lui-même afin de le remplacer par un récipient plat destiné à cette époque à une petite colonie de Goulds.
Depuis ces années le filtre par lui-même ne fut nettoyé qu’une fois partiellement. C’est la charge du filtre et le circuit de l’eau qui permet un équilibre biologique satisfaisant et en sortie, malgré une pompe à laquelle j’ajoute un dernier petit filtre, l’ensemble reste propre durant des mois ce qui atteste de la dégradation des matières durant le processus de filtrage. L’eau en retour est d’une clarté absolue. De nombreuses espèces ont été mises dans cette volière sans aucun problème.
Si l’on veut prendre un maximum de précautions, l’idéal serait de mettre un filtre par 4 à 5 volières mais on peut également avoir une batterie beaucoup plus importante ou n’avoir qu’un filtre pour une volière.
Le principe est basé sur le fonctionnement par trop plein et demande :
-1 cuve de filtrage d’un maximum de capacité,
-1 récipient de réception (bain, etc.…) d’un minimum de capacité,
-1 pompe pas spécialement puissante, mais en proportion avec la hauteur d’eau à remonter.
Pour exemple de cette première volière j’ai un filtre de 200 litres (100/50/40H), un récipient de réception plat en pvc (1 litre) et une pompe qui sort un débit d’environ 150 l/heure, avec une remontée de 1m60 environ. Il faut préciser que ce filtre est mis dans une cave proche de la volière (cela ayant été possible) et de ce fait en hiver l’eau est protégée. Le tout fonctionnant sur pendule horaire environ 2 cycles de 2/3 heures en hiver et 10 à 12 heures en été, plus un fonctionnement de nuit de 30/45 minutes.
Pour d’autres volières, j’ai un circuit avec un filtre de contenance identique, une autre encore avec un filtre de 60 litres et une enfin avec un filtre de 20 litres. Ces deux derniers sont plus succincts et nécessitent un nettoyage assez fréquent (de 3 à 5 semaines). Je trouve ce système beaucoup plus pratique que les traditionnels bains ou abreuvoirs que l’on change tous les jours et qui souvent sont déjà pollués une heure ou deux après.
Selon le nombre de volières reliées sur le circuit, le filtre sera donc le plus grand possible et garni de masses filtrantes simples (mousse de polyéther et perlon pour aquarium, de préférence « gros »). Si l’on veut un système à nettoyer toutes les 3 à 5 semaines, un tamis ou toile fine peut faire l’affaire en pré filtre, avec un filtre simple en aval de la pompe de rejet pour éviter que celle-ci se colmate trop facilement.
Le schéma ci-dessous vous indique le principe de fonctionnement :

Le détail des fournitures :
1) LA CUVE : Celle-ci sera donc en fonction des possibilités et j’insiste, la plus grande possible. L’idéal est soit de la faire ou la trouver fabriquée en résine polyester, pvc ou similaire. Dans certains cas on peut utiliser un vieil aquarium !
Selon le schéma ci-dessus, prévoir un pré filtre sous forme d’un petit bac ou d’un tube pvc d’assez gros diamètre, percé de nombreux petits trous, pré filtre qui récupèrera à l’arrivée les matières disons assez grosses comme un morceau de fruit, une graine de soleil, etc. dans le cas fréquent ou un oiseau vienne manger juste au dessus du bain…. Ensuite la partie de filtration par elle-même, en laissant en dessous de la cloison un espace pour le passage de l’eau ou en perçant cette même cloison puis la partie contenant la pompe pour le rejet. Evidemment les cuves comme les bains seront en plastique, verre, polyester, ou autre mais jamais en métal sauf inox bien entendu.
2) LE BAIN : ou récipient de réception : J’utilise des plateaux de dessous de pots en plastique. Ce récipient sera à percer de manière à pouvoir fixer l’écoulement de retour au fond. Le raccord nécessaire peut être plus ou moins de fabrication maison, mais le plus pratique est d’utiliser des raccords « passe coque » vendus en fournitures pour bateaux. Prendre un diamètre assez gros afin qu’il ne soit pas bouché rapidement par une petite feuille ou morceau de nourriture.

Ce récipient équipé du passe coque sera placé de manière à s’emboîter facilement dans un tube PVC (je prend du diamètre 32)
Vous remarquerez les algues dans le bain. Ces algues filamenteuses attestent de la clarté de l’eau et seront laissées ou nettoyées selon le goût de chacun.
3) LA POMPE : Il y a toute une panoplie de pompes pour aquariums ou bassins, prendre un petit modèle en se méfiant comme déjà mentionné de la hauteur de refoulement. En principe, sauf dans une installation destinée à une dizaine de volières par exemple, la remontée n’est pas trop importante. Le tuyau à utiliser sera souple (également tuyau classique d’aquariophilie) ou rigide soit en 12, soit en 16 m/m.
Dans le cas où il y a plusieurs volières il est nécessaire de prévoir une petite vanne ou robinet sur chaque arrivée de manière à répartir le retour de l’eau au dessus des bains. Sans vanne vous risquez d’avoir l’eau sur les 2/3 premières, les dernières ne recevant rien. Le fait de brider les premières alimentera le reste, c’est pourquoi il vaut mieux prévoir ces vannes, surtout si vous avez ce qui est parfois le cas des bains à différents niveaux, sans bien entendu que cela soit trop important. Dans le cas où cette différence de niveau serait forte il n’y a aucun problème, sauf celui de prévoir une pompe plus forte.
D’une manière générale il y a une évaporation normale ou plus forte selon le climat et l’ensoleillement. Il faut donc prévoir d’ajouter de l’eau dans le filtre régulièrement. Dans l’ensemble j’utilise de l’eau de pluie et ajoute un tuyau d’amenée depuis une gouttière, voire une gouttière de toit de volière. Ceci permet en plus d’avoir un renouvellement d’eau automatique ce qui est un petit plus. Dans certains cas en ajoutant cette alimentation d’eau de pluie, prévoir si nécessaire un tuyau d’évacuation de trop plein sur votre filtre de manière à ce qu’il ne déborde pas, si par exemple il était posé dans un local fermé, carrelé, etc..
Ce système est pratique. Certains pourraient avoir des réticences sur le point de vue sanitaire pour une alimentation de 5 volières par exemple ??? Dans ce cas il y a toujours soit la possibilité d’isoler une volière en fermant le robinet de cette volière ou si l’on veut il est toujours possible de traiter l’eau dans le filtre, soit par une stérilisation UV, soit par l’adjonction d’ozone, mais je pense que là nous entrons dans un domaine un peu trop poussé pour nos amis les oiseaux.
Guy Favé pour Guarouba.com
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